La haine en ce vert paradis



Auteur : Jean-François Bouchard
ISBN : 978 2919131334
Prix : 20,00€
Format : 14x20cm, 284 pages
Livraison 0,01€
En stock


Pour payer par chèque envoyez votre règlement à :
Editions Thaddée
2 rue Casimir Delavigne, 75006, Paris
avec une note détaillant les articles désirés.

La région des Grands Lacs africains dégage un parfum de paradis terrestre. Vingt-cinq millions de Hutus et de Tutsis y vivent, répartis entre le Burundi, le Rwanda et la région du Kivu, en République démocratique du Congo. Entre 1959 et aujourd’hui, trois millions d’entre eux, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés au cours de plusieurs vagues de
violences, de guerres et de génocides.
Des hommes politiques de bonne volonté voulaient renverser le destin de l’Histoire, comme le prince Louis Rwagasore, le Tutsi, abattu d’une balle dans le dos par un tueur à gages, ou encore Melchior Ndadaye, cet adolescent hutu qui, pour sauver sa vie, avait fui son pays à pied. Il y est revenu et en est devenu le président pour finir égorgé à la baïonnette par des soldats rebelles.
La haine, la mort, les trahisons ; les massacres, les dictatures, les prisons… Les racines de cette malédiction remontent à la venue de l’homme blanc, qui a balayé les royaumes ancestraux vivant en paix dans ce jardin d’Eden pour y semer une haine tenace.

Jean-François Bouchard a sillonné l’Afrique pendant plusieurs années pour le compte du Fonds Monétaire International ou d’autres institutions. Il est l’auteur de plusieurs romans et ouvrages historiques ou économiques. Il réussit dans ce livre à rendre accessible et vivante l’histoire complexe des Tutsis et des Hutus dans un récit à la fois roman noir et épopée profondément humaine. Il est est l’auteur de plusieurs thrillers aux Editions Thaddée : L’homme qui torpilla Wall Street, Cent millions pour Al Qaida et Sauvez Adolf Hitler ! Il a aussi écrit la biographie de Hjalmar Schacht, le ministre de l’Economie d’Hitler : Le banquier du diable (Max Milo).

 

Un extrait (p. 24) :

La distinction qui s’opéra sous la férule belge entre Tutsis et Hutus repose sur un postulat jamais scientifiquement démontré : les Tutsis seraient issus de populations du nord de l’Afrique, de la région du Nil, et qui auraient remonté le cours du grand fleuve pour s’établir dans la zone des Grands Lacs où il prend sa source. Cette origine nilotique, antérieure au XVe siècle, expliquerait leur taille plus haute, leur physionomie plus élancée, leurs traits plus fins et leur peau plus claire, tandis que les Hutus, peuple autochtone issu des forêts locales, auraient conservé leur morphotype trapu, leur peau très noire et leurs traits davantage négroïdes.

Peut-être y a-t-il dans cette légende un vague fond de vérité ; c’est d’ailleurs le cas dans la plupart des légendes. Les Tutsis viendraient donc des régions du Nil. Pourquoi pas ? Toujours est-il que lorsque les Belges décidèrent de procéder à une séparation des races, Tutsis et Hutus se révélèrent fort difficiles à distinguer. En effet, depuis plus de cinq cents ans qu’ils vivaient ensemble, des hommes tutsis avaient épousé des femmes hutues, des femmes tutsies avaient eu des enfants d’hommes hutus, et identifier sans coup férir les héritiers des pharaons et les descendants des peuples autochtones se révélait impossible. D’autres paramètres furent ajoutés : selon les critères de l’administration belge, les Tutsis étaient plus volontiers éleveurs que cultivateurs, d’où probablement leur plus grande taille, grâce à leur alimentation qui comportait davantage de protéines que celle des Hutus, composée essentiellement des légumes que ces agriculteurs faisaient pousser. Mais ce n’était pas totalement déterminant, car des Hutus étaient également éleveurs. Autre paramètre ajouté, les Tutsis formaient la classe dominante : d’ailleurs, la famille royale qui régnait sur le Ruanda-Urundi était d’origine tutsie. Là encore, le critère n’était pas suffisant, car il existait aussi des princes et des princesses hutus.

En réalité, le peuple du Ruanda-Urundi vivait en clans dans lesquels cohabitaient aussi bien des Hutus que des Tutsis ; et jamais de Twas [Ils appartiennent au peuple pygmée], qui demeuraient entre eux, et qui étaient bien les seuls que l’on pouvait identifier à coup sûr.



Partager